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Vendredi 24 mai 2013 5 24 /05 /Mai /2013 09:37

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Le Point.fr - Publié le 23/05/2013 à 21:03- Modifié le 24/05/2013 à 07:43

Il affirme détenir une liste d'élus de premier plan - ministres ou anciens ministres - possédant un compte occulte. Et menace de révéler leurs noms...

Photo d'illustration Photo d'illustration © Sipa Press
Source Sipa Media








Pierre Condamin-Gerbier, ex-cadre de la banque suisse Reyl, s'apprête peut-être à lâcher une bombe. Ce banquier, habitué des déclarations-chocs à la presse, témoigne ce jeudi soir dans Complément d'enquête (22 h 15 sur France 2). L'émission est consacrée à l'affaire Cahuzac. C'est la première fois qu'il s'exprime à la télévision française pour, dit-il, "briser un tabou". Selon lui, l'argent caché par Jérôme Cahuzac en Suisse est resté un secret bien gardé, car il ne serait pas le seul à avoir agi ainsi.

 

Pierre Condamin-Gerbier l'assure : une dizaine de personnalités politiques françaises "tout à fait connues" ont des comptes en Suisse. Certaines seraient ministres ou auraient déjà fait partie d'un gouvernement.

"Une hypocrisie française"

Le banquier a-t-il des preuves de ce qu'il affirme ? "J'ai des yeux, j'ai des oreilles", répond-il au journaliste qui lui pose la question. Tenu au secret bancaire tant qu'il travaillait pour la banque Reyl, il est désormais libre de s'exprimer. Et donc de révéler les noms de ces évadés fiscaux... Le banquier menace d'ailleurs de le faire. Il dit vouloir "faire la guerre à l'hypocrisie française". Par exemple en dénonçant ceux qui ont critiqué Jérôme Cahuzac, alors qu'ils dissimulent eux-mêmes de l'argent en Suisse.

Pierre Condamin-Gerbier a été entendu par les juges d'instruction à plusieurs reprises dans le cadre de l'affaire Cahuzac, l'ex-ministre du Budget ayant été client de la banque Reyl à l'époque où il y travaillait. Les juges Van Ruymbeke et Le Loire l'ont notamment interrogé fin avril sur d'éventuels contribuables français ayant eu un compte au sein de l'établissement. Il avait alors assuré que "jamais" il ne donnerait de noms.

 

PS:

N'oubliez pas de réagir et de signer la pétition sur change.org , concernant l'argent détenu par toutes ces banques

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/ubs-rendez-l-argent-des-comptes-secrets-de-votre-banque-suisse-evasionfiscale

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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 10:04

 

Le Point.fr - Publié le 22/05/2013 à 09:02 - Modifié le 22/05/2013 à 09:18

La députée socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux a été reconnue coupable de détournement de fonds publics à des fins de clientélisme électoral.

L'élue des quartiers nord de Marseille, le 12 mars à Marseille, en compagnie de son avocat. L'élue des quartiers nord de Marseille, le 12 mars à Marseille, en compagnie de son avocat. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP


 

La députée socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à trois ans de prison, dont deux avec sursis, dans une affaire de détournement de fonds publics. Cette peine a été assortie d'une amende de 100 000 euros et de 5 ans d'inéligibilité. Au procès en mars, où elle avait comparu parmi une vingtaine de prévenus, le procureur Jean-Luc Blachon avait requis à son encontre 2 ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité. Ses avocats avaient dénoncé un dossier "à l'odeur nauséabonde" et un "traquenard politique", plaidant la relaxe.

 

L'élue des quartiers nord, âgée de 51 ans et parlementaire depuis 1997, était poursuivie pour avoir détourné dans les années 2000, à des fins de clientélisme électoral, plus de 700 000 euros de subventions de la région Paca, dont elle fut vice-présidente de 1998 à 2009. L'enquête avait été ouverte à la mi-2007 après le signalement à la justice, par la cellule Tracfin du ministère des Finances, de flux financiers suspects sur les comptes d'associations marseillaises censées oeuvrer en faveur des quartiers difficiles et de la jeunesse. Ils se sont avérés au final des coquilles vides créées, selon l'accusation, pour rétribuer des personnes ayant aidé Sylvie Andrieux à s'implanter et à se faire élire, notamment dans le 14e arrondissement de la ville.

Avec celle des frères Guérini, l'affaire Andrieux est de celles qui gênent le PS dans le département. Alors que l'élue était déjà mise en examen depuis deux ans, Solférino lui avait retiré son investiture à la veille des législatives de juin 2012, son renvoi en correctionnelle ayant fuité dans la presse. Cela ne l'avait pas empêchée de remporter un quatrième mandat, de justesse au second tour face au Front national.

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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 11:19

Éric Alt, vice-président d’AntiCor : « Les mesures du gouvernement ne répondent absolument pas aux questions soulevées par l’affaire Cahuzac. »

AntiCor est née au lendemain du 21 avril 2002 autour d’une petite dizaine d’élus et de l’ancien juge d’instruction Éric Halphen. Son but est lutter contre la corruption à tous les niveaux, local comme national. Aujourd’hui forte de 1 000 adhérents, elle agit par le biais d’actions de plaidoyer comme des chartes éthiques et aussi en se constituant partie civile pour éviter l’étouffement d’affaires sensibles, comme celle dite « des sondages de l’Élysée » ou « l’affaire Guérini ». Son vice-président Éric Alt, magistrat et auteur du livre L’Esprit de corruption (Le Bord de l’Eau éd.) évalue pour Opinion Internationale les mesures de moralisation de la vie politique proposées par François Hollande et les mesures nécessaires pour lutter contre la corruption.

 

Eric Alt, vice-président d’AntiCor

Comment AntiCor perçoit-elle les mesures de moralisation de la vie politique annoncée par le président Hollande ?

Nous avions présenté nos propositions à des conseillers techniques de Matignon l’année dernière. Mais rien n’était venu. Si les choses bougent enfin, c’est dans l’imprécision, l’impréparation et l’improvisation tout à la fois. Le texte a été rédigé avec une rapidité sidérante, sans aucune concertation. Les questions de transparence patrimoniale mobilisent énormément d’énergie. La transparence du patrimoine n’est pas une mauvaise chose, mais tout cela ne répond absolument pas aux questions soulevées par l’affaire Cahuzac.

La vraie réponse, c’est le contrôle, sa pertinence et sa bonne organisation. La commission pour la transparence financière de la vie politique existe depuis 1988 ! Mais ses moyens juridiques et humains sont si faibles qu’en 25 ans d’existence, aucune sanction n’a été prise ! Un texte a bien tenté d’y remédier en 2011, mais au départ il ne prévoyait pas de sanctions, suite aux protestations des parlementaires. Finalement, une amende de 30 000€ pour absence ou fausse déclaration a été rajoutée. À comparer avec les 600 000€ rapatriés par Jérôme Cahuzac.

 

« Le texte a été rédigé sans concertation, avec une rapidité sidérante »

 

Par ailleurs, l’affaire Cahuzac révèle aussi des conflits d’intérêt. Pourtant, des sujets comme la confiscation de la décision publique par les lobbys ou le passage du public au privé (ou « pantouflage ») sont au moins aussi importants. Le traitement de ces précurseurs de la corruption sont cruellement absent des propositions du gouvernement.

Quant à la création d’un parquet financier central, pourquoi pas s’il est vraiment indépendant. S’il peut traiter et ouvrir des dossier sensibles sans être entravé. Si le secret-défense est réformé, si le statut des policiers en charge d’enquêter est revu. Dans plusieurs affaires, des officiers de police judiciaire n’ont pas pu travailler normalement parce qu’ils savaient que leur carrière en souffrirait.

 

« Serge Dassault et Bernard Tapie ont grandement bénéficié du flou juridique sur la situation des élus chef d’entreprises traitant avec l’État »

 

Que pensez-vous de l’éventuelle incompatibilité entre l’exercice d’un mandat et certaines professions ?

 

Les activités d’audit, d’études et de conseil en stratégie sont la porte ouverte à beaucoup de dérives et devraient être interdites. Le statut des dirigeants d’entreprises amenés à traiter avec l’État baigne un grand flou juridique, dont Serge Dassault et Bernard Tapie ont largement profité.

Pour le reste, un avocat peut plaider quand il est député, mais il ne doit pas vendre son carnet d’adresses à un grand cabinet. Un médecin peut continuer à pratiquer, mais ne doit pas vendre sa qualité de médecin ou d’élu à des laboratoires. Ce n’est pas un problème d’incompatibilité, mais de conflit d’intérêts, de déontologie parlementaire et éventuellement de sanctions.

D’ailleurs, satisfaire cette exigence est assez simple. Une haute autorité de déontologie indépendante et impartiale, pouvant être saisie et s’autosaisir, sommer les élus de déclarer leurs intérêts, et sanctionner s’ils ne le font pas. Un déontologue au Parlement avec un statut bien défini pourrait être utile.

 

Du fait de leur nombre, les élus locaux sont plus susceptibles d’être touchés par des affaires de corruption. Pourtant les propositions de moralisation concernent surtout les ministres et parlementaires. Qu’en pensez-vous ?

Actuellement, les moyens de contrôle fonctionnent très mal. Le contrôle préfectoral de légalité des actes administratifs des élus locaux est tombé en désuétude. Or, il permettait aux préfets et aux élus de locaux d’échanger sur ce qu’ils est légal ou non. Même chose pour les marchés publics. Avant son démantèlement, la répression des fraudes (DGCCRF) siégeait dans les commissions d’appel d’offres. Aujourd’hui elle n’a plus les effectifs pour le faire. La mission interministérielle d’enquête sur les marchés (MIEM) est une coquille vide sans aucun personnel. Le service central de prévention de la corruption (SCPC) manque cruellement de personnel et de notoriété auprès des élus qu’il est chargé d’informer. Tout cela est très grave, car ces institutions devraient conseiller et dialoguer avec les élus pour prévenir la corruption.

La multiplication des partenariats public/privé en est une conséquence. Pour certaines collectivités territoriales, ce sont de véritables bombes à retardement. Aucune institution n’a pu fournir de réflexion globale sur les garde-fous nécessaires.

 

« Seule une loi FATCA à la française aurait pu éviter l’affaire Cahuzac »

 

Quelles mesures auraient permis d’éviter le scandale Cahuzac ?

 

Seul un équivalent de la loi FATCA aurait été efficace. Depuis janvier 2013, les États-Unis peuvent exiger que les banques dévoilent les avoirs à l’étranger des ressortissants américains. Celles qui refusent sont sanctionnées. la communication automatique d’informations entre administrations fiscales est un outil complémentaire assez proche.

 

On entend parfois que la corruption est plus faible qu’avant mais que les gens se font plus souvent prendre, créant un effet de loupe. Êtes-vous d’accord ?

Non. Au contraire, la corruption s’est démultipliée au fur et à mesure de l’internationalisation de la finance et de l’économie. Le rapport du sénateur Éric Bocquet évalue la fraude fiscale entre 60 et 80 milliards d’euros chaque année. Selon Antoine Peillon, journaliste à La Croix, les avoirs français illégalement détenus à l’étranger totalisent 600 milliards d’euros. La situation est bien plus alarmante qu’il y a 20 ans, où l’on faisait face à une corruption locale et des financements médiocres de partis politiques.

L’affaire Cahuzac est celle d’un seul homme, mais elle révèle une certaine dégradation de la vie démocratique. On y répond par des lois et des institutions, mais il faut aussi réfléchir à comment le citoyen peut agir lui-même.

Propos recueillis par Yannick Le Bars

 

 

 

 

 

 

Yannick Le Bars
Journaliste pour Opinion Internationale
Par anticor13
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 11:03

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Et hop ! Une retouche aux amendements proposés par ANTICOR sur les lois de moralisation de la vie publique, dans la cour de l'Assemblée Nationale, entre 2 des rendez-vous de la journée : le Délégué national Jean-Luc Trotignon et le Président Jean-Pierre Guis à l'œuvre (photo de Suzanne Devallet, membre du Bureau). – à Assemblee Nationale.

 


Par anticor13
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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 12:55

 

 
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Feuilleton

Bons baisers de Marseille (21) : La carotte et le béton

Au royaume de l’emploi fictif, le béton fictif coule à flot 

Martin Bougues et Jean-Claude GaudinL’imprudence ne fait pas partie des défauts de Jean-Claude Gaudin. Pourtant, il y a un mois, il a déclaré qu’il n’avait jamais été touché par une affaire, lui. Il aurait dû dire « rattrapé » par les affaires. Un autre jour, il a même déclaré « quand on m’attaque, ça m’excite », après les critiques un peu rudes sur le thème « vingt ans ça suffit » faites par Guy Teissier, le député-maire UMP droite dure du quartier de la Pointe-Rouge et des calanques, candidat lui aussi à la candidature aux municipales.

La semaine dernière, on avait laissé « le maire et son entourage », comme on dit, inquiets de la parution de France Football. A juste titre. Une terrible enquête à tiroirs sur le stade Vélodrome, qui synthétise un scandale qui couve avec un regard neuf, détails, chiffres et témoignages anonymes à l’appui. Mais ce ne sera pas un scandale de plus à ranger sur la pile des scandales, car il y est question de l’OM et cette saison, il y a mercato politique.

France Football raconte en filigrane vingt ans de gaudinisme sous l’angle le plus cruel, celui d’un mélange scientifique d’allégeance au BTP et d’incompétence technique.
Ce béton propre à Marseille, mal calculé, mal pensé, mal coulé mais facturé triple. Des flots d’argent coulé dans le béton. Mais pas n’importe lequel : au royaume de l’emploi fictif, le béton fictif est roi. Il y a deux types de béton : celui qu’on coule et celui qu’on facture. Et il y a aussi deux types de chantiers : les publics et les privés.

Les chantiers privés ont pour particularité d’être finis le plus vite possible, en grattant sur tout, au détriment de la finition et de l’architecture et en s’asseyant sur le code d’urbanisme, tandis que les travaux publics sont reconnaissables au fait qu’ils durent des années et coûtent deux fois leur budget initial. Parfois trois ou quatre fois, même… Comme toujours les chiffres intéressent plus que ceux qui les encaissent quand il s’agit de personnes morales.

Si Marseille est invivable en matière de transports et de circulation, on le doit, sur le fond, à l’absence d’autorité publique, et sur la forme, à un consortium Vinci-Eiffage qui règne depuis vingt ans sur la circulation et les parkings au détriment des usagers. C’est d’ailleurs pour continuer à toucher cette rente qu’ils ont freiné pendant trente ans la construction d’une rocade (la fameuse L2) qui aurait dû désengorger la ville dès les années 80. La L2, « un scandale d’Etat » a murmuré le ministre des Transports il y a quelques mois en découvrant le dossier et en visitant le chantier.

Lorsque Bouygues a obtenu la reconstruction du stade en 2009, c’était un juste rééquilibrage des choses, provoqué par un petit coup de pouce, lui-même provoqué par un petit coup de fil. Mais ce qui devait être un gros gavage entre amis est en train de déraper.

Tout avait mal commencé avec la rénovation à la va-vite mais pour très cher du stade Vélodrome par Gaudin pour la Coupe du monde de 98. Il a été réorienté plein mistral, on l’appelait « l’enrhumeur ». Alors, il a fallu le reconstruire en vue de l’Euro 2016. La Mairie, qui a décidé de rester propriétaire de son vieux stade plutôt que de le privatiser, a lancé un appel à projet.

Bouygues l’a emporté en y intégrant pour accroître sa rentabilité une vaste opération immobilière de commerce, de bureaux et de logements. L’architecte local associé à Bouygues était le protégé de Gaudin – ce qui aurait dû mettre la puce à l’oreille de leurs concurrents – et comme Bouygues arrivait avec un contrat de PPP tout prêt, Gaudin a signé des deux mains et il a aisément convaincu les autres tenants des clés, Guérini, Caselli et Vauzelle, de cofinancer. Voter contre, c’était voter contre l’OM. Seuls Patrick Mennucci et les Verts, au conseil municipal, étaient opposés à ce partenariat public-privé très défavorable à la ville. Au prochain conseil municipal de juin, ils s’en donneront à coeur joie de dénoncer ce jeu de poker menteur entre Gaudin, Arema (le consortium dédié de Bouygues) et l’OM au détriment du contribuable.

En chiffres, le chantier est passé de 200 à 900 millions sans motif apparent et la ville s’est fait prendre par France Football en train de brader ses actifs fonciers au profit d’amis et d’amis d’amis. Pour amadouer l’OM, il vient de lui vendre son terrain d’entraînement à un prix bradé. Le pétrole industriel, à Marseille, c’est le foncier, le terrain constructible. On déménage des maternités pour faire du foncier, on contruit mais on ne rénove pas.

Le bilan de Gaudin, c’est la carotte et le béton parce que pendant vingt ans, il aura tout concédé, surtout au BTP et sans contrepartie. Plutôt que de façonner la ville, il a préfèré en concéder les problèmes. A Marseille, on ne traite pas, on concède à un autre le marché pour le faire à votre place. La concession. Encore un mot à double sens.

Par Pierre-Louis Rozynès

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